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Avocat Toulouse : expertise médicale en cas de paraplégie, comment bien se préparer ?

  • Photo du rédacteur: Maitre Bensemhoun-Gonzalez
    Maitre Bensemhoun-Gonzalez
  • 16 janv.
  • 15 min de lecture

L'expertise médicale constitue l'étape la plus déterminante du processus d'indemnisation d'une victime de paraplégie suite à un accident de la route. C'est lors de cet examen crucial que seront évalués tous les préjudices corporels, fixé le taux d'incapacité permanente et chiffrés les besoins futurs en assistance et en soins. Une expertise mal préparée ou mal conduite peut entraîner une sous-évaluation dramatique de l'indemnisation, avec des conséquences financières irréversibles pour la victime et sa famille.


Qu'est-ce que l'expertise médicale et quand a-t-elle lieu ?

L'expertise médicale est un examen médical réalisé par un médecin expert, généralement spécialisé en médecine physique et de réadaptation ou en neurologie pour les cas de paraplégie. Son objectif est d'évaluer de manière objective l'ensemble des séquelles résultant de l'accident et de quantifier les préjudices subis par la victime.


La date de consolidation marque le moment où l'état de santé de la victime est considéré comme stabilisé, sans espoir d'amélioration significative malgré la poursuite des soins. Pour une paraplégie, cette consolidation intervient généralement entre 18 et 36 mois après l'accident, le temps que le pronostic neurologique soit fixé, que les complications initiales soient maîtrisées et que la rééducation fonctionnelle ait produit ses effets maximaux.


L'expertise amiable est organisée par l'assureur de la partie adverse. Elle n'est pas obligatoire mais constitue souvent une étape préalable à la formulation d'une offre d'indemnisation. L'expert désigné par l'assureur doit théoriquement être impartial, mais la réalité montre qu'il existe parfois une tendance à minimiser certains préjudices pour limiter le coût de l'indemnisation.


L'expertise judiciaire est ordonnée par le juge lorsqu'une procédure contentieuse est engagée devant le Tribunal judiciaire. L'expert est désigné sur une liste officielle et sa mission est strictement encadrée par une ordonnance du tribunal. Cette expertise présente généralement plus de garanties d'objectivité, même si la présence d'un médecin-conseil reste tout aussi indispensable pour défendre les intérêts de la victime.


Les enjeux cruciaux de l'expertise médicale

Pour une victime de paraplégie, l'expertise médicale détermine littéralement le montant de l'indemnisation, qui peut varier de plusieurs centaines de milliers d'euros selon l'évaluation retenue par l'expert.


L'évaluation du déficit fonctionnel permanent

Le taux de déficit fonctionnel permanent (DFP), anciennement incapacité permanente partielle (IPP), reflète la réduction globale et définitive du potentiel physique et psychologique de la victime. Pour une paraplégie, ce taux varie généralement entre 70% et 95% selon le niveau de la lésion médullaire et les complications associées.


Une paraplégie complète T6 (niveau thoracique) avec troubles sphinctériens complets sera évaluée à 85-90%, tandis qu'une paraplégie incomplète lombaire basse permettant une certaine déambulation avec orthèses pourra être cotée à 70-75%. Chaque point d'IPP représente entre 1 500 et 2 500 euros d'indemnisation selon l'âge de la victime : un écart de 10 points peut donc représenter 15 000 à 25 000 euros de différence, somme considérable qui justifie toute l'attention portée à cette évaluation.


L'expert doit tenir compte non seulement de la paralysie des membres inférieurs, mais également des troubles sphinctériens, des troubles sexuels, des douleurs neuropathiques chroniques, du risque permanent d'escarres, de la perte d'autonomie dans les actes de la vie quotidienne et du retentissement psychologique. Une évaluation incomplète qui oublierait l'un de ces aspects minore artificiellement le taux d'IPP et lèse gravement la victime.


La quantification des besoins en assistance tierce personne

C'est souvent le poste d'indemnisation le plus important financièrement. L'expert doit évaluer précisément le nombre d'heures quotidiennes d'aide humaine nécessaires pour accomplir les actes que la victime ne peut plus réaliser seule : transferts lit-fauteuil, toilette complète, habillage, déshabillage, préparation des repas, ménage du logement, courses alimentaires, accompagnement aux rendez-vous médicaux et démarches administratives.


Pour une paraplégie complète, le besoin varie généralement entre 4 et 10 heures par jour selon le niveau d'autonomie résiduelle de la victime, son environnement familial (présence ou non d'un conjoint aidant), ses capacités d'adaptation et l'accessibilité de son logement. Une sous-évaluation d'une seule heure par jour représente un manque à gagner considérable : pour une victime de 35 ans avec une espérance de vie de 50 ans supplémentaires, cela représente environ 365 000 euros de perte (1h x 20€ x 365 jours x 50 ans).


L'expert doit également distinguer l'aide temporaire nécessaire pendant la période de rééducation intensive (souvent plus importante dans les premiers mois) de l'aide permanente qui accompagnera la victime tout au long de sa vie. Il doit aussi évaluer si certaines aides techniques (verticalisateur, rails de transfert, système de domotique) peuvent réduire marginalement le besoin en heures humaines, sans toutefois surestimer leur impact.


L'évaluation des frais futurs

L'expert doit chiffrer l'ensemble des dépenses que la victime devra supporter à vie : frais de matériel médical (fauteuils roulants manuel et électrique à renouveler régulièrement tous les 5-7 ans, matelas anti-escarres haute performance, coussins spécialisés, verticalisateur pour maintien de la station debout), frais de kinésithérapie régulière (2 à 3 séances hebdomadaires à vie pour entretenir la musculature et prévenir les raideurs), consultations médicales spécialisées (urologue, médecin rééducateur, dermatologue pour surveillance des escarres), hospitalisations pour complications (infections urinaires graves, escarres profondes nécessitant une chirurgie), frais de pédicurie adaptée, produits d'hygiène et de soins spécifiques.


Ces frais cumulés représentent plusieurs dizaines de milliers d'euros par an sur toute l'espérance de vie de la victime. L'expert doit établir un échéancier prévisionnel précis et réaliste, en s'appuyant sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé et sur les pratiques médicales établies pour le suivi au long cours des personnes paraplégiques. Tout oubli d'un poste de dépense constitue une perte financière définitive pour la victime.


Comment préparer l'expertise : les documents indispensables

Une expertise réussie repose sur une préparation minutieuse qui commence plusieurs semaines avant la date fixée et nécessite la constitution d'un dossier médical complet et organisé.


Le dossier médical complet

Les documents d'hospitalisation initiale sont essentiels pour caractériser la lésion. Il faut rassembler : comptes-rendus d'admission aux urgences décrivant les circonstances de l'accident et l'état neurologique initial, comptes-rendus opératoires détaillant les interventions chirurgicales sur la colonne vertébrale, protocoles d'anesthésie, comptes-rendus d'hospitalisation en réanimation puis en service de neurochirurgie, imageries médicales (IRM et scanner de la colonne vertébrale montrant précisément le niveau et l'étendue de la lésion médullaire), examens électrophysiologiques (potentiels évoqués ayant permis d'évaluer le pronostic neurologique).


Les comptes-rendus de rééducation permettent de suivre l'évolution fonctionnelle : bilans d'entrée et de sortie des différents séjours en centre de rééducation fonctionnelle, comptes-rendus détaillés de séances de kinésithérapie et d'ergothérapie, bilans urodynamiques objectivant les troubles sphinctériens et leur évolution, bilans de la douleur avec échelles d'évaluation, comptes-rendus de consultations de psychologie ou psychiatrie si un suivi a été mis en place pour accompagner le vécu du handicap.


Les certificats médicaux récents doivent être demandés à tous les médecins qui suivent la victime : certificat circonstancié du médecin traitant décrivant l'état actuel et les difficultés au quotidien, certificat du médecin de médecine physique et réadaptation précisant les capacités fonctionnelles résiduelles, certificat de l'urologue concernant les troubles sphinctériens et leur prise en charge, certificat du psychiatre ou psychologue si un suivi est en cours. Ces certificats doivent décrire précisément l'état actuel de la victime, les séquelles persistantes, les traitements médicamenteux en cours et leurs effets secondaires éventuels.


Le bilan fonctionnel détaillé peut être demandé au centre de rééducation : testing musculaire précis évaluant la force résiduelle des différents groupes musculaires, évaluation de la sensibilité (tactile, douloureuse, thermique) sur l'ensemble du corps, testing sphinctérien avec mesure du résidu post-mictionnel, évaluation des capacités de transfert (lit-fauteuil, fauteuil-toilettes, fauteuil-voiture), mesure de l'autonomie dans les actes de la vie quotidienne à l'aide d'échelles validées comme la Mesure d'Indépendance Fonctionnelle (MIF).


Les justificatifs de dépenses et d'organisation de vie

Les factures de matériel médical déjà acquis servent de référence pour chiffrer les besoins futurs : fauteuils roulants manuel et électrique avec leurs caractéristiques techniques et leur coût, coussins anti-escarres, matériel d'aide aux transferts. Ces factures démontrent le coût réel du matériel nécessaire.


Les devis d'aménagement du logement doivent être établis par des entreprises spécialisées dans l'accessibilité : devis d'installation d'ascenseur privatif ou de plateforme élévatrice si le logement comporte des étages, devis d'élargissement de toutes les portes à 90 cm minimum pour passage du fauteuil, devis d'adaptation complète de la salle de bain avec douche à l'italienne de plain-pied, barres d'appui, lavabo réglable en hauteur, toilettes surélevées avec barres d'appui latérales, devis de pose de rampes d'accès extérieures pour franchir les seuils. Il est fortement recommandé de faire établir plusieurs devis par différentes entreprises pour démontrer le réalisme des montants demandés.


Les devis de véhicule adapté fournis par des concessionnaires spécialisés dans l'adaptation automobile, avec le détail précis de tous les aménagements nécessaires : système de chargement automatique du fauteuil roulant dans le coffre, commandes manuelles pour l'accélération et le freinage (cercle accélérateur ou satellite), boîte de vitesses automatique, éventuellement abaissement du plancher pour faciliter les transferts.


Les justificatifs d'aide à domicile si celle-ci est déjà en place : contrats de travail avec l'employé familial ou convention avec un service prestataire, bulletins de salaire, factures de services d'aide à domicile. Ces documents prouvent concrètement la réalité du besoin quotidien et servent de base au calcul du préjudice futur.


Un journal de vie quotidienne tenu par la victime ou par un proche sur plusieurs semaines précédant l'expertise, détaillant au jour le jour : les difficultés rencontrées dans chaque activité, les gestes devenus impossibles à réaliser seul, les douleurs ressenties et leur intensité, le temps nécessaire pour chaque activité (toilette, habillage, repas, déplacements), les moments où l'aide d'une tierce personne s'est avérée indispensable. Ce document apporte une dimension concrète et humaine que les seuls documents médicaux ne peuvent retranscrire.


Les éléments sur la vie personnelle et professionnelle

Avant l'accident : curriculum vitae détaillé retraçant le parcours professionnel, bulletins de salaire des 12 derniers mois précédant l'accident pour établir le niveau de rémunération, attestations de l'employeur confirmant les responsabilités et perspectives d'évolution de carrière, diplômes et qualifications professionnelles obtenus. Pour évaluer le préjudice d'agrément : photos et vidéos montrant la victime pratiquant ses activités sportives et de loisirs avant l'accident, licences sportives, témoignages circonstanciés de proches décrivant les passions et hobbies, programmes et photos de voyages effectués.


Après l'accident : attestations de l'employeur sur l'impossibilité de reprendre le poste antérieur malgré les aménagements envisageables, rapports d'évaluation des capacités professionnelles résiduelles établis par des organismes spécialisés (Cap Emploi, MDPH, médecin du travail), projet de reconversion professionnelle le cas échéant avec évaluation de la perte de revenus engendrée.


Le rôle essentiel du médecin-conseil

La présence d'un médecin-conseil aux côtés de la victime lors de l'expertise est absolument indispensable, particulièrement pour un handicap aussi complexe que la paraplégie qui nécessite des connaissances médicales pointues.


Avant l'expertise, le médecin-conseil analyse minutieusement l'intégralité du dossier médical, identifie les points sensibles qui risquent d'être sous-évalués, prépare une liste de questions précises à poser à l'expert pour s'assurer qu'aucun aspect ne sera oublié, et rencontre la victime pour comprendre en détail ses difficultés concrètes au quotidien.


Pendant l'expertise, le médecin-conseil assiste activement aux opérations d'expertise, vérifie que tous les examens cliniques nécessaires sont bien réalisés par l'expert (testing musculaire complet, évaluation détaillée de la sensibilité, examen des capacités de transfert, appréciation de l'équilibre en position assise), attire l'attention de l'expert sur des séquelles ou complications qui auraient pu être négligées (douleurs neuropathiques parfois sous-estimées, retentissement psychologique minimisé, risques de complications futures non évoqués), et formule immédiatement des observations techniques et médicales si des points importants sont omis ou mal appréciés.


Après l'expertise, il rédige un rapport de contre-expertise détaillé qui relève point par point les éventuelles insuffisances du rapport de l'expert, conteste avec arguments médicaux et scientifiques les évaluations manifestement sous-estimées, et propose des évaluations alternatives solidement argumentées. Ce rapport de contre-expertise constitue un élément essentiel de la négociation avec l'assureur ou des débats devant le tribunal si l'affaire est judiciaire.


Le coût d'un médecin-conseil se situe généralement entre 800 et 2 000 euros pour un dossier de paraplégie, compte tenu de la complexité du dossier et du temps considérable nécessaire à l'analyse approfondie. Ce coût est intégralement remboursé par l'assureur dans le cadre de l'indemnisation globale, en tant que frais d'expertise médicale.


Le jour de l'expertise : comment se comporter ?

L'expertise médicale dure généralement entre 2 et 4 heures pour un dossier de paraplégie, compte tenu de la complexité des séquelles à évaluer. Voici les comportements à adopter et à éviter pour optimiser les chances d'une évaluation juste.


Les attitudes recommandées

Être factuel et précis dans toutes les réponses aux questions de l'expert, sans minimiser ni exagérer les difficultés réelles. Décrire concrètement le déroulement d'une journée type depuis le réveil jusqu'au coucher, détailler précisément les gestes devenus impossibles à réaliser seul, expliquer le temps nécessaire pour accomplir chaque activité élémentaire (s'habiller peut prendre 45 minutes alors que cela prenait 5 minutes avant l'accident).


Exprimer clairement les douleurs sans les minimiser par pudeur : ne pas hésiter à décrire précisément les douleurs neuropathiques chroniques (brûlures, décharges électriques dans les membres paralysés), les douleurs au niveau des points d'appui prolongés, les spasmes musculaires involontaires et douloureux. Utiliser une échelle visuelle analogique de douleur (de 0 à 10) pour quantifier l'intensité.


Évoquer le retentissement psychologique qui est souvent majeur mais parfois oublié : l'expert doit comprendre pleinement l'impact de la paraplégie sur le moral, les épisodes dépressifs éventuels, l'anxiété quant à l'avenir, les difficultés dans les relations familiales et sociales, la perte d'estime de soi, les projets de vie abandonnés. Ne pas hésiter à exprimer les difficultés d'acceptation du handicap si elles existent.


Illustrer par des exemples concrets tirés du quotidien : plutôt que de rester dans le vague en disant simplement 'je ne peux plus faire grand-chose', détailler des situations précises et parlantes : 'je ne peux plus jardiner alors que je passais 10 heures par semaine dans mon potager et c'était ma passion', 'je ne peux plus emmener mes enfants au parc, jouer au ballon avec eux, les porter dans mes bras', 'je ne peux plus voyager facilement car la plupart des hébergements ne sont pas accessibles'.


Se faire accompagner par un proche : en plus de l'avocat et du médecin-conseil dont la présence est indispensable, l'accompagnement par le conjoint, un parent ou un ami très proche peut être utile pour compléter les informations données et témoigner concrètement du handicap au quotidien tel qu'il est vécu à domicile.


Les comportements à éviter absolument

L'excès de dramatisation ou la colère : affirmer que 'tout est foutu', que 'la vie n'a plus aucun sens', adopter un discours excessivement victimaire ou agressif peut nuire à la crédibilité et donner l'impression d'une exagération. L'expert doit percevoir une victime courageuse qui tente de se reconstruire malgré l'ampleur du handicap, tout en comprenant pleinement l'impact dramatique de la paraplégie.


La minimisation par pudeur ou par fierté : certaines victimes, par pudeur, gêne ou volonté de ne pas se plaindre, tendent à minimiser leurs difficultés réelles en disant par exemple 'je m'en sors assez bien', 'ce n'est pas si grave', 'je m'y suis habitué'. Cette attitude est profondément contre-productive car l'expert ne peut évaluer que ce qui lui est clairement exprimé. Si les difficultés sont minimisées lors de l'expertise, l'indemnisation sera automatiquement minorée.


L'agressivité ou la méfiance excessive envers l'expert : même si l'expert est mandaté et rémunéré par l'assureur de la partie adverse, ce qui peut légitimement susciter une certaine méfiance, il convient de rester courtois, coopératif et de répondre à toutes les questions posées. Un climat conflictuel ou une attitude de défiance systématique ne favorise pas une évaluation juste et complète.


Oublier de mentionner certains préjudices : il arrive fréquemment que certaines victimes oublient d'évoquer spontanément des aspects pourtant importants comme les troubles sexuels (par pudeur), les complications urinaires récurrentes, l'impact sur le projet d'avoir des enfants, certaines activités de loisirs abandonnées. C'est précisément pour éviter ces oublis que la présence de l'avocat et du médecin-conseil est cruciale : ils s'assurent que tous les points importants sont abordés.


Après l'expertise : analyser et contester si nécessaire

L'expert médical remet son rapport quelques semaines après l'expertise (généralement dans un délai de 4 à 8 semaines). Ce rapport d'expertise doit être analysé minutieusement ligne par ligne par l'avocat et le médecin-conseil avant toute prise de position.


Les points essentiels à vérifier dans le rapport

La description des séquelles : est-elle complète et précise ? L'expert a-t-il bien mentionné et détaillé tous les déficits (moteur des membres inférieurs, sensitif, sphinctérien vésical et anal, sexuel, troubles trophiques, risque d'escarres) ? A-t-il relevé toutes les complications survenues et tous les risques de complications futures ?


Le taux d'IPP : est-il cohérent et en adéquation avec la gravité objective de la paraplégie ? Pour une paraplégie complète avec troubles sphinctériens majeurs et impossibilité de déambulation, un taux inférieur à 80% doit immédiatement interroger et faire suspecter une sous-évaluation.


L'évaluation de l'assistance tierce personne : le nombre d'heures quotidiennes retenu par l'expert correspond-il vraiment à la réalité des besoins quotidiens de la victime ? L'expert a-t-il bien distingué l'aide temporaire nécessaire pendant la phase de rééducation intensive de l'aide permanente qui accompagnera la victime toute sa vie ? A-t-il correctement pris en compte l'environnement familial (présence ou non d'un conjoint aidant) sans pour autant faire peser injustement sur la famille une charge qui doit être indemnisée ?


Les frais futurs : tous les postes de dépenses prévisibles sont-ils listés et chiffrés (matériel médical avec périodicité de renouvellement, kinésithérapie à vie, consultations spécialisées régulières, hospitalisations pour complications, frais de pédicurie, produits de soins) ? Les montants retenus sont-ils réalistes et correspondent-ils aux prix réels du marché ?


Les préjudices extra-patrimoniaux : sont-ils tous correctement évalués et cotés de manière appropriée ? Les souffrances endurées tiennent-elles compte de toute la période depuis l'accident (douleurs initiales, interventions chirurgicales multiples, rééducation longue et douloureuse, douleurs neuropathiques chroniques) ? Le préjudice esthétique est-il correctement coté ? Le préjudice d'agrément reflète-t-il vraiment l'impossibilité de poursuivre les activités antérieures ? Le préjudice sexuel et le préjudice d'établissement sont-ils chiffrés de manière réaliste ?


Les moyens de contestation disponibles

Si l'analyse du rapport d'expertise révèle des insuffisances manifestes, des oublis ou des sous-évaluations flagrantes, plusieurs recours juridiques sont possibles pour contester ces conclusions.

Les dires ou observations de la victime : il s'agit d'un document juridique rédigé par l'avocat et adressé formellement à l'expert médical, dans lequel la victime, assistée de son avocat et de son médecin-conseil, conteste point par point certaines conclusions du rapport, relève les oublis et insuffisances, et demande à l'expert de compléter ou modifier son rapport initial. Ce document doit être argumenté juridiquement et médicalement.


Le rapport de contre-expertise établi par le médecin-conseil de la victime : ce rapport médical détaillé analyse méthodiquement toutes les lacunes du rapport d'expertise, conteste avec des arguments scientifiques les évaluations manifestement sous-estimées, et propose des évaluations alternatives solidement documentées. Ce rapport de contre-expertise est un élément clé de la négociation ultérieure avec l'assureur.


La demande de complément d'expertise : si des éléments médicaux importants n'ont pas été examinés lors de la première expertise (par exemple un bilan urodynamique complet n'a pas été réalisé, ou l'évaluation des douleurs neuropathiques est restée superficielle), il est possible de demander au juge (en expertise judiciaire) ou à l'assureur (en expertise amiable) d'ordonner un complément d'expertise portant spécifiquement sur les points négligés.


Le refus pur et simple de l'expertise amiable et le recours immédiat à la voie judiciaire : si l'expertise amiable apparaît manifestement partiale, orientée et sous-évaluée de manière flagrante, la victime peut parfaitement refuser de poursuivre la procédure amiable avec cet expert et saisir directement le Tribunal judiciaire pour obtenir une nouvelle expertise judiciaire réalisée par un expert différent désigné par le juge. Cette option doit être sérieusement envisagée en cas d'expertise amiable particulièrement défavorable.


L'importance cruciale de l'accompagnement par un avocat spécialisé

L'expertise médicale en cas de paraplégie est un exercice d'une extrême complexité qui nécessite impérativement une coordination étroite et permanente entre trois acteurs : la victime elle-même, son avocat spécialisé en droit du dommage corporel, et son médecin-conseil expert en évaluation du handicap. Sans cet accompagnement professionnel de haut niveau, le risque de sous-évaluation majeure de l'indemnisation est quasi certain.


Maître Sharon Gonzalez, avocat au Barreau de Toulouse exclusivement spécialisée en droit du dommage corporel depuis de nombreuses années, maîtrise parfaitement tous les enjeux de l'expertise médicale pour paraplégie. Elle prépare méticuleusement chaque expertise plusieurs semaines à l'avance, sélectionne les médecins-conseils les plus compétents dans le domaine de la médecine physique et de réadaptation, assiste personnellement à chaque expertise aux côtés de la victime pour veiller au bon déroulement des opérations, analyse ensuite le rapport d'expertise avec un œil critique et aguerri, et le conteste fermement si nécessaire par tous les moyens juridiques appropriés.


Son expérience approfondie de ces dossiers complexes lui permet d'anticiper avec précision les arguments fallacieux que pourraient développer les experts mandatés par les assureurs pour minimiser certains préjudices, et de préparer à l'avance des contre-argumentaires solides et irréfutables. Elle connaît parfaitement les nomenclatures officielles d'indemnisation (nomenclature Dintilhac), les barèmes d'évaluation pratiqués par les différentes Cours d'appel et notamment par la Cour d'appel de Toulouse, et peut ainsi détecter immédiatement toute évaluation manifestement insuffisante ou hors barème.


Son cabinet d'avocat, situé au cœur de Toulouse au 28 Port Saint Sauveur, intervient sur toute la région Occitanie (Haute-Garonne, Tarn, Ariège, Gers, etc.) mais également partout en France métropolitaine et outre-mer pour défendre les intérêts des victimes de paraplégie. La première consultation est entièrement gratuite et confidentielle, permettant d'établir un diagnostic précis de la situation et d'élaborer une stratégie d'accompagnement personnalisée. Les honoraires sont systématiquement fixés au résultat (honoraires de résultat), garantissant ainsi un alignement total des intérêts entre l'avocat et son client : l'avocat ne perçoit ses honoraires qu'en cas de succès et leur montant est proportionnel à l'indemnisation effectivement obtenue.


En résumé

L'expertise médicale constitue sans aucun doute l'étape la plus déterminante et la plus cruciale de tout le processus d'indemnisation d'une victime de paraplégie suite à un accident de la route. Une préparation rigoureuse et méticuleuse, la constitution d'un dossier médical complet et parfaitement organisé, la présence indispensable d'un médecin-conseil compétent et expérimenté, et l'assistance permanente d'un avocat spécialisé en droit du dommage corporel sont les quatre clés absolument indispensables d'une expertise médicale réussie et d'une indemnisation juste.


Compte tenu des enjeux financiers absolument considérables (l'indemnisation globale d'une paraplégie dépasse très régulièrement 2 millions d'euros et peut atteindre 3 ou 4 millions d'euros pour une jeune victime), il serait extrêmement périlleux et dangereux d'aborder cette expertise médicale cruciale sans accompagnement professionnel de très haut niveau. Chaque point d'incapacité permanente partielle sous-évalué, chaque heure d'assistance tierce personne minorée, chaque poste de frais futurs oublié représente des dizaines voire des centaines de milliers d'euros de perte financière définitive et irréversible pour la victime.


Si vous ou l'un de vos proches êtes malheureusement victime de paraplégie suite à un accident de la route survenu à Toulouse, dans la région Occitanie ou ailleurs en France, et qu'une expertise médicale se profile dans les semaines ou mois à venir, contactez sans aucun délai Maître Sharon Gonzalez pour bénéficier d'une préparation optimale et professionnelle et maximiser ainsi toutes vos chances d'obtenir une indemnisation véritablement juste, complète et à la hauteur de la gravité exceptionnelle du handicap subi.


Contact : Maître Sharon Gonzalez

Avocat spécialisé en droit du dommage corporel

28 Port Saint Sauveur, 31000 Toulouse

Téléphone : 06 09 56 04 62

Préparation d'expertise médicale - Assistance aux victimes de paraplégie

 
 
 

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