Sharon Gonzalez
Avocat
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Nomenclature Dintilhac

Préjudice sexuel (PS)

Atteinte à la fonction sexuelle dans ses trois composantes : morphologique, acte sexuel et fertilité.

Qu'est-ce que le préjudice sexuel ?

Le préjudice sexuel (PS) est un poste de préjudice extrapatrimonial permanent de la nomenclature Dintilhac. Il répare l'atteinte aux fonctions sexuelles de la victime dans toutes leurs dimensions, que cette atteinte soit d'origine physique, neurologique ou psychologique.

Ce poste est autonome et distinct du déficit fonctionnel permanent (DFP). La Cour de cassation a affirmé à plusieurs reprises que le préjudice sexuel ne peut pas être absorbe dans le DFP et doit être indemnisé séparément. Il s'agit d'un poste souvent oublie ou minimisé par les assureurs, alors qu'il concerne un nombre considérable de victimes de dommages corporels.

Les trois composantes du préjudice sexuel

La nomenclature Dintilhac et la jurisprudence distinguent trois composantes du préjudice sexuel, qui peuvent coexister ou être présentés isolement :

1. Le préjudice morphologique

Il s'agit de l'atteinte physique aux organes sexuels : lésions, cicatrices, déformations des organes génitaux, lésion de la zone périnéale. Ce préjudice existe indépendamment de toute conséquence fonctionnelle. La seule altération de l'anatomie sexuelle constitue un préjudice indemnisable.

Exemples : cicatrice périnéale après un traumatisme du bassin, lésion testiculaire après un accident de moto, atteinte mammaire nécessitant une reconstruction.

2. Le préjudice lié à l'acte sexuel

Ce volet couvre l'ensemble des atteintes à la capacité d'avoir des rapports sexuels normaux :

  • Perte de libido : diminution ou disparition du désir sexuel (fréquente en cas de traumatisme crânien, dépression, douleurs chroniques)
  • Dysfonction érectile : impossibilité d'obtenir ou de maintenir une érection (atteinte neurologique, vasculaire ou psychologique)
  • Douleurs lors des rapports : dyspareunie liée aux séquelles physiques (fracture du bassin, lésion périnéale)
  • Perte de sensation : anesthésie ou hypoesthesie de la zone genitale (lésion nerveuse)
  • Impossibilité totale de rapports : en cas de handicap moteur grave (paraplégie, tétraplégie)

3. Le préjudice lié à la fertilité

Ce volet concerne l'atteinte à la capacité de procréer :

  • Stérilité : impossibilité définitive de procréer naturellement
  • Hypofertilité : diminution des chances de conception, nécessitant le recours à la procréation médicalement assistée (PMA)
  • Contre-indication à la grossesse : état de santé rendant une grossesse dangereuse

Montants indicatifs d'indemnisation

Les montants du préjudice sexuel varient selon les composantes atteintes, la gravité et l'âge de la victime :

Situation Montants indicatifs (2026)
Perte de libido isolée, gêne modérée 3 000 à 8 000 EUR
Dysfonction érectile ou douleurs lors des rapports 8 000 à 20 000 EUR
Atteinte combinée (morphologique + fonctionnelle) 15 000 à 30 000 EUR
Impossibilité totale de rapports sexuels 20 000 à 40 000 EUR
Stérilité définitive (victime jeune) 20 000 à 50 000 EUR
Atteinte globale des trois composantes 30 000 à 60 000+ EUR

Ces montants sont indicatifs. L'âge de la victime (une personne jeune sera indemnisée davantage), sa situation familiale (désir d'enfant non encore réalisé) et la gravité de l'atteinte influencent considérablement le montant retenu par les juges.

La preuve du préjudice sexuel

Le préjudice sexuel est un sujet intime mais il est essentiel de le documenter pour obtenir une juste indemnisation :

  • Doléances lors de l'expertise : il est indispensable d'évoquer les troubles sexuels devant le médecin expert, même si le sujet est délicat. Le médecin expert doit consigner ces doléances dans son rapport.
  • Certificats médicaux spécialisés : consultations urologiques, gynécologiques ou sexologiques attestant de la nature et de la gravité de l'atteinte
  • Bilan de fertilité : spermogramme, bilan hormonal, échographie pelvienne en cas d'atteinte à la fertilité
  • Attestation du conjoint : témoignage sur le retentissement des troubles sur la vie de couple
  • Prescriptions médicales : traitements de la dysfonction érectile, suivi psycho-sexologique
Le préjudice sexuel est souvent passe sous silence par pudeur. Me Sharon Gonzalez aborde ce sujet avec discrétion et professionnalismecar il représente un droit à indemnisation à part entière qui ne doit pas être sacrifie.

Autonomie du préjudice sexuel

La Cour de cassation rappelle régulièrement que le préjudice sexuel est un poste autonome et distinct du déficit fonctionnel permanent. Les assureurs tentent fréquemment d'inclure le préjudice sexuel dans le DFP pour éviter une indemnisation supplémentaire. Cette pratique est contraire à la nomenclature Dintilhac et à la jurisprudence constante.

De même, le préjudice sexuel est distinct du préjudice d'établissement (perte de chance de fonder une famille), bien que les deux postes puissent coexister. Le préjudice d'établissement couvre la dimension du projet de vie familiale, tandis que le préjudice sexuel couvre l'atteinte à la fonction sexuelle elle-même.

Votre dossier : préjudice sexuel (PS)

Me Sharon Gonzalez, avocate au Barreau de Toulouse, défend exclusivement les victimes de dommages corporels. Le préjudice sexuel est un poste trop souvent négligé par les assureurs. Avec 140 avis Google 4,9/5elle veille à ce que chaque composante du préjudice sexuel soit reconnue et indemnisée. Consultation en visio disponible pour toute la France.

Sources juridiques

Les développements ci-dessus s'appuient sur les référencés suivantes (textes, arrêts et rapports publics consultables en ligne) :

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Questions fréquentes | Préjudice sexuel

Quelles sont les trois composantes du préjudice sexuel ?
Le préjudice sexuel comprend trois composantes distinctes reconnues par la Cour de cassation : (1) le préjudice morphologique, lié à l'atteinte aux organes sexuels (lésions, cicatrices, déformations) ; (2) le préjudice lié à l'acte sexuel lui-même (perte de libido, douleurs, impossibilité de rapports, perte de plaisir) ; (3) le préjudice lié à la fertilité (impossibilité ou difficulté de procréer). Chaque composante est évaluée et indemnisée distinctement.
Comment prouver le préjudice sexuel ?
La preuve du préjudice sexuel repose principalement sur l'examen clinique du médecin expert et les doléances de la victime. Des éléments complémentaires renforcent le dossier : certificats médicaux (urologue, gynécologue, sexologue), attestation du conjoint, résultats de bilan de fertilité, prescriptions de traitements (dysfonction érectile, FIV). Le sujet est intime mais il est essentiel d'en parler ouvertement lors de l'expertise. Me Sharon Gonzalez accompagné ses clients dans cette démarche avec discrétion.
Le préjudice sexuel est-il indemnise séparément du DFP ?
Oui. La Cour de cassation (2e Civ., 11 décembre 2014, n°13-28.774) a clairement affirme que le préjudice sexuel est un poste autonome et distinct du déficit fonctionnel permanent. Il ne peut pas être absorbe dans le DFP. Les assureurs tentent souvent de l'inclure dans le DFP pour éviter une indemnisation supplémentaire. Me Sharon Gonzalez veille à ce que ce poste soit indemnisé distinctement.

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